Nous avions dans l’idée depuis un moment d’organiser des dégustations à l’aveugle. Après une nécessaire mise au point, le projet était lancé et c’était ce samedi 24 octobre que les « Tastelynx » se réunirent pour la première fois.

Le thème de cette première dégustation devait être simple à choisir puisque nous avions l’embarras du choix ! Force est de constater que certaines de nos plus grandes émotions de ces derniers temps le furent en dégustant des vins issus de … chenin ! Les anjou de René Mosse, ceux de Richard Leroy, les Montlouis de Damien Delecheneau, de feu Stéphane Cosssais, les Saumur de Romain Guiberteau … pour ne citer qu’eux, restent de grandes découvertes.

Le thème était choisi… restait à choisir les vins. Notre esprit de découverte l’emportant, nous voulions déguster le plus de vignerons possible. Après quelques recherches (notamment à la lecture du spécial Montlouis-sur-Loire du R&B) et quelques conseils prodigués par des spécialistes : Matthieu Gondard de V Marchand de Vins et Lolo Baraou.

Nous avons retenu 10 vins : 1 effervescent, 5 secs, 3 demi-secs, 1 moelleux.

1- Jérôme Saurigny – Vin de Table – 90 C (Pétillant Naturel) 2007

(Note moyenne : 10,75. Notes isolées de 10 à 14. Notre note : 12) 7e place.

Le vigneron :

En conversion bio depuis 2007, Jérôme et Sophie sont situés en plein coeur des grands vins blancs moelleux du Layon, à un jet de pierre des Quarts de Chaume et de Bonnezeaux, non loin de Rochefort et vinifient leurs vins de la manière la plus naturelle possible.

Le vin :

De couleur paille, le vin présente une effervescence, on est bien sur un Pet Nat !

Le nez est déroutant, sur les fruits blancs et les épices, une finale assez droite. C’est un vin assez sauvage, difficilement descriptible et qui a dérouté les dégustateurs.

2- Sébastien Brunet Renaissance 2007 (Vouvray)

(Note moyenne: 14. Notes isolées de 13 à 16. Notre note : 14). 3e place.

Le vigneron :

Sébastien Brunet est ‘LE jeune qui monte » à Vouvray. 2007 est son deuxième millésime.

Le vin :

Couleur paille à or, le nez est retenu au début, à l’aération on relève quelques notes alimentaires. En bouche, une matière riche sous-tendue par une bonne fraîcheur, c’est très pur. Un vin qui a plu à la majorité.

3- Clos Mélaric Bille de Roche 2007 (Saumur)

(Note moyenne: 12,4. Notes isolées de 12 à 13,5. Notre note :13,5). 6e place.

Le vigneron :

L’ensemble des vignes est travaillé en culture biologique. La récolte est réalisée en cagette afin d’éliminer les grappes non satisfaisantes d’un point de vu sanitaire mais aussi d’apporter le raisin entier au pressoir. Les fermentations lentes (levures indigènes) se terminent à la fin du printemps suivant les vendanges et ont lieu en pièce Vicard de 400 L (4 vins). Le fruit du Chenin et l’expression de ce terroir très calcaire sont ainsi privilégiés. Le vin est élevé sur ses lies mais aucun batonnage n’est effectué. L’objectif est de conserver le CO2 présent en forte quantité afin de ne pas ou peu sulfiter avant la mise en bouteille Produit sur 0,7 ha, « Billes de Roche » est issus de deux petites parcelles de Chenin situées sur la butte calcaire de Berrie, à l’extrême sud de l’appellation Saumur.

Le vin :

Une belle couleur que ce Saumur avec une belle brillance. Au nez, miel, abricots et en bouche du gras, de la rondeur. Un vin qui a moins plus que le précédent de par une acidité et une droiture moins importante.

4- Cyril Le Moing Les Gains de Maligné 2007 (Anjou)

(Note moyenne: 13,85. Notes isolées de 10 à 16,5. Notre note : 16,5). 4e place.

Le vigneron :

Cyril Le Moing est installé depuis 2003. Il est souvent cité comme faisant partie de « l’école Angéli » puisqu’il a appris à ses côtés. Cité par quelques uns de ses voisins – dont Richard Leroy – comme « nouvelle vague angevine », Cyril Le Moing exploite en micro-viticulture près de 2,5 ha. A la cave, très peu d’interventions, notamment pour les blancs. Après le pressurage, passage en barriques où les vins font leur malo. Ils sont ensuite mis en bouteille sans filtration et de manière douce. SO2 total de 22mg/l sur cette cuvée.

Le vin :

Le vin est très expressif, trop pour certains dégustateurs non habitués aux vins natures… Il dévoile des fruits jaunes très (très) mûrs, de la mirabelle. En bouche, l’attaque est douce, c’est vineux, c’est grand, pur, sur la pêche, l’abricot, une belle droiture. Beaucoup de plaisir et de caractère. Mon coup de cœur de la soirée !

5- Eric Nicolas du Domaine de Bellivière les rosiers 2007 (Jasnières)

(Note moyenne: 14,1. Notes isolées de 10 à 16,5. Notre note: 15,5). 2e place ex-aequo.

Le vigneron :

On ne présente plus le domaine de Bellivière (voir ici).

Le vin :

Le vin dévoile beaucoup d’élégance, des arômes de pierre à fusil, de silex, de miel, de fumé et de toasté. C’est très différent des vins dégustés précédemment. En bouche, des fruits blancs, c’est très pur, très équilibré, très fin mais ce n’est pas d’une immense longueur (dû aux jeunes vignes ?). Le vin a beaucoup plu.

6- Richard Leroy Noel de Montbenault 2006 (Anjou)

(Non noté)

Le vigneron :

Richard exploite comme un jardin deux terroirs : les noels de Montbenault (constitué de Rhyolites) et les Rouliers (schisteux-gréseux). Les terres sont travaillées en biodynamie, et le travail en cave est respectueux de la matière première : pressurage dès l’arrivée de la vendange et entonnage direct pour réalisation des fermentations alcooliques et malolactiques en barriques. Celles-ci sont souvent neuves, mais le soin apporté au choix des barriques et des tonneliers, l’énorme matière des jus, font que l’élevage se révèle finalement discret dans le vin. Autrement, aucun additif (pas de chaptalisation, d’acidification etc.) à part un très léger sulfitage à la mise en bouteille. Il fait des vins comme il les aime, lui qui est un grand dégustateur.

Le vin :

Nous nous réjouissions de le déguster et pensions qu’il allait emporter tous les suffrages. Le vin ne se goutait malheureusement pas bien ce soir là. Il était dans une phase très austère. Non noté.

7 Frantz Saumon Minéral + 2008 (Montlouis-sur-Loire) demi-sec

(Note moyenne: 14,65. Notes isolées de 13 à 18. Notre note : 14,5). 1ère place.

Le vigneron :

Frantz Saumon est formé au lycée viticole d’Amboise et ses maîtres à vinifier sont Marcel Lapierre et Jean Foillard. Il cultive 5 ha de vignes (dont les plus vieilles ont 100 ans) selon des méthodes proches de l’agriculture biologique.

Le vin :

Au nez, un côté fumé. En attaque, c’est vif et droit mais parfaitement équilibré entre richesse et acidité. Un vin qui sort du lot. Une petite merveille qui a convaincu la majorité des dégustateurs.

8 Damien Delecheneau (Grange Tiphaine) Les Grenouillères 2007 (Montlouis-sur-Loire) demi-sec

(Non noté)

Le vigneron :

Du sang neuf à Montlouis, il n’en manque pas et Damien est de ceux-là. La qualité de ses vins est saluée par ses pairs et ne cesse de progresser d’année en année. Le domaine est certifié ECOCERT depuis peu.

Le vin :

Le nez était très fermé et goutait la colle, le fruit était masqué. Ce n’était pas son jour car gouté il y a 6 mois, il se montrait exceptionnel. Non noté.

9 Vincent Carême le Clos 2006 (Vouvray) demi-sec

(Note moyenne: 13,75. Notes isolées de 12 à 17. Notre note: 14,5). 5e place.

Le vigneron :

Vincent Carême apporte du renouveau à cette appellation plutôt conservatrice. Tout comme François Chidaine, il réussit de magnifiques cuvées tout en respectant scrupuleusement son terroir. Sur un domaine de 13 hectares, il recherche la spontanéité et la transparence dans ses vignes. C’est un adepte des élevages longs afin d’obtenir plus de texture et de richesse, et d’en tirer toute la quintessence du cépage Chenin.

Le vin :

Un nez captivant de miel qui nous emmène chez l’apiculteur. La bouche est friande sur les fruits de pêche et de melon, elle se distingue en densité et en concentration, tout en gardant son élégance, son dynamisme… soutenu par une bonne acidité. Une expérience intéressante.

10 René Mosse le moelleux 2005 (Anjou)

(Note moyenne: 14,1. Notes isolées de 13 à 15,5. Notre note: 14). 2e place ex-aequo.

Le vigneron :

Nous renvoyons ici

Le vin :

Les barriques de ce vin ont été écartées afin d’en faire une cuvée de moelleux car il avait un trop fort potentiel pour finir en Anjou sec. Au nez, on reconnait la « patte » de René Mosse, un nez très typé coing. C’est un vin frais, d’un caractère affirmé, doté d’une bonne richesse sans présenter trop de sucres (50 gr de sucres résiduels) et d’une bonne acidité. Pour terminer, nous l’avons trouvé désaltérant.